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«J'ai bientôt 14 ans je suis au
collège (option latin) de Béthusy à Lausanne,
j'aime lire, écrire, faire du snowboard et voir
mes amis.» Malgré son honorable succès de
librairie, Emilie Perroud n'a pas la grosse
tête.
Sa tête, elle l'utilise plutôt pour
rêver à des histoires de sorciers et de magie.
«J'aime le monde imaginaire déjà dans mes
lectures. J'ai adoré 'Le livre des étoiles' d'Eric
L'Hom, Harry Potter et le 'Seigneur des Anneaux',
où Tolkien a su inventer tout un monde avec des
langues et des races incroyables.»
Le stylo contre la souris
En plein boom des blogs et des jeux
de rôle en 3D dans des mondes magiques sur
Internet, Emilie Perroud se perd, elle aussi, dans
les légendaires cités des sorciers celtes d'Ys et
d'Avallon.
Le désir de quitter le monde
réel est le même, mais ce qui la différencie,
c'est qu'elle ne le réalise pas au moyen de la
souris ou du clavier, mais du stylo.
Car il
ne s'agit pas seulement de rêver, mais d'écrire.
«J'aime construire un univers peu à peu, dans
lequel je peux me réfugier quand j'en ai envie,
raconte-t-elle à swissinfo. Cela faisait un moment
que j'écrivais, des poèmes ou des petites choses.
Puis, j'ai eu envie de me lancer dans une grande
histoire, sans avoir aucune idée de ce que cela
allait donner.»
Cela a donné un titre de
plus dans la longue histoire de ce genre
littéraire considérable qu'est le fantastique.
Cela a donné «L'Ile oubliée», 268 pages, publiées
à compte d'auteure aux Editions de la Carte en
novembre dernier. Un premier tirage de 200
exemplaires a été suivi d'un deuxième, puis d'un
troisième. Actuellement, 460 exemplaires ont été
vendus.
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| «L'Ile oubliée» a été
vendue à 460 exemplaires jusqu'ici.
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Emilie... Mathéa...
«L'héroïne, Mathéa, a à peu près
mon âge et vit sur une île habitée par des
sorciers. Très malheureuse parce qu'elle croit ne
pas avoir de pouvoirs magiques, elle découvre un
jour qu'elle a un potentiel incroyable et son
destin bascule.»
Mathéa part dans une école
de sorciers. «Elle y découvre que son île, c'est
Avallon, la ville des sorciers, que la moitié de
son peuple a dû s'enfuir 30 ans auparavant et que
la magie est en train de disparaître. Elle seule
peut l'empêcher et rétablir l'équilibre entre les
deux peuples. Après avoir affronté le Sorcier Noir
qui tentait de la mener, elle, vers le
mal.»
Mais Emilie précise que Mathéa,
«c'est moi et pas moi». Elle a semé des indices,
des traces d'elle-même, certains détails, phrases
et traits de caractère qui lui sont propres. Mais
Mathéa reste «quelqu'un que j'ai inventé». Une
jeune fille sans famille.
...et Anne
Par contre Emilie a une famille qui
l'a accompagnée dans l'aventure, notamment sa
mère. «Au début je voulais tout écrire seule. Mais
je me suis rendu compte que je n'y arriverais pas,
que cela avançait trop lentement. Et puis j'avais
besoin qu'on m'encourage, d'avoir un
avis.»
Anne Perroud a donc commencé à taper
sous la dictée de sa fille: «Elle ne voulait pas
simplement me donner ses carnets à taper mais
tenait à dicter, ce qui lui a permis de faire des
corrections», raconte-t-elle à son tour à
swissinfo.
Et puis, Emile confesse encore
en riant qu'elle a aussi éprouvé le besoin «de
partager ce monde magique et ne pas y être toute
seule».
La complicité entre mère et fille a
encore franchi une étape lorsque Emilie a choisi
le nom de sa mère, Perroud, comme pseudonyme.
«J'ai pris le nom de ma mère pour changer
d'identité tout en restant moi-même. Ce nom m'est
familier et permet que le livre reste 'mon'
livre.»
Le début d'une vocation?
A l'arrivée, cette belle histoire
est donc aussi un succès d'estime. Mais malgré les
louanges et les encouragements de ses lecteurs,
Emilie garde un pied sur terre. «Pour moi, c'est
toujours l'histoire que je confiais à mes carnets
et que je donnais à lire à quelques personnes. Et
maintenant voilà que toute mon école l'a lu, qu'on
me demande de dédicacer le livre de donner des
interviews. Tout cela est très bizarre pour moi,
un peu irréel.»
Ce dont Emilie est le plus
fière, c'est d'être arrivée au bout. «Je n'y ai
cru que quand j'ai mis le point final!» Et elle y
croit tant, aujourd'hui, qu'elle a déjà commencé
une autre histoire de magie.
swissinfo,
Isabelle
Eichenberger |